mercredi 12 août 2009

3 et 4 août - APHIPAC fever

En ce début de semaine, il ne s'est pas passé grand chose de palpitant... J'en profite donc pour vous présentez notre cadre de vie, notre lieu de travail et l'organisation de la journée d'un volontaire APHIPAC.

Nous vivons dans le quartier de Yanahuara, qui se situe à 3 sols du centre historique, c'est à dire à 20 minutes à pieds.





C'est assez calme, si on met à part les chiens qui règnent sur la ville depuis les toits des maisons... Il régentent absolument tout ce qui se passe dans le quartier et tu as intérêt à bien te faire voir si tu veux pouvoir sortir le soir après le couvre feux... Ils sont nombreux et s'organisent entre eux pour se répartir leur domaine. Ces deux là étaient en grande discussion qd nous rentrions l'autre soir et ils se demandaient chez qui ils allaient squatté ce soir: pas de chance, c'est tombé sur la maison bleue, voisine de la notre, et ils ont party all night long à ne plus en pouvoir aboyer...






Autre point important, si les chiens peuvent vivre sur les toits, c'est qu'à Arequipa, les habitations ne sont pas très hautes en raison de l'activité sysmique potentielle intra exponentielle de cette région de volcans. Les arequipeños pensent qu'une maison pas trop haute tiendra mieux le coup en cas de tremblements de terre. Ça c'est une maison typique d'Arequipa, en pierre volcanique blanche. Ce modèle existe aussi en rose, mais sur commande uniquement...



Nous sommes entourés par trois géants: le Misti, le Pichu Pichu et le Chachani, qui a inspiré la chanson bien connue de Buena Vista Social Club, comme chacun sait... Mon préféré, c'est le Misti. Je le trouve bien sympa et surtt je le contemple beaucoup lors des exercices de saut au club: ça m'aide à garder la tête haute et à ne pas avoir le nez sur les barres, ce qui pourrait me faire choire... Ci joint une photo de misti (le grand tout seul à droite) et du chachani (à gauche donc) vus depuis le club. L'espèce de filtre gris, c'est la pollution d'Arequipa... Comme quoi, l'air n'est pas toujours pur en altitude! Devant les volcans, le grand espace vert est en fait le club de golf voisin du club hippique.



Dans le quartier, il y aussi des mecs qui passent sur un vélo et qui tractent devant eux une remorque ds laquelle on peut trouver à peu prêt tout ce qu'on peut chercher. Ils ont un haut parleur et crie tout ce qu'il propose. Ça change selon l'heure de la journée: le matin du pain, le midi des chaussures, vers 15h du cirage et le soir du Pisco...




Dans notre rue, la calle Misti, il y a tte sorte de boutiques. On retrouve les mêmes dans à peu prêt tous les pays en voie de développement: des cliniques dentaires (cf Thaïlande), des centres médicaux (incroyable le nombre d'infrastructures de santé qu'il peut y avoir!), des coiffeurs et salons de beauté en grande quantité, des farmacias qui vendent + de produits de beauté que de médicaments, l'équivalent de nos épiceries sauf qu'içi tt est fermé à 9H du soir, des cordonniers et des cireurs de chaussures, des laveries... Sauf que là ou en France tu en as une par quartier, içi il y en a jusqu'à 4 par rue! La concurrence, la voie vers le développement économique ou bien la porte ouverte à la négociation pour les occidentaux?!


Nous vivons au dessus d'un centre de kinésithérapie et de psychologie: le CEFETI. Les kinés et psychologues qui y travaillent conseillent souvent à certains de leur patient d'essayer l'équithérapie. C'est un peu une source de clientèle pr la APHIPAC mais aussi une bonne base pour trouver des fonds et mobiliser les gens autours du projet (certains patients ont bcp d'argent, une bonne position ds une boîte). En fait les médecins du CEFETI sont à peu prêt tous impliqués dans l'asso...


Au rez de chaussée, il y a des cabines de soin, l'accueil, la cuisine ( cécilia la cuisinière sur la photo) où on mange et un petit jardin.






J'aimerais attirer votre attention tt particulièrement sur le frigo de la cuisine, qui récapitule à lui tt seul le mélange des cultures et traditions au Pérou...



Zoom sur le coin en haut à gauche du frigo, qd Jésus flirte avec les rugbyman du stade de France...



Au 1er étage vivent Lucho et Sonia, les deux principaux responsables de l'APHIPAC. Nous vivons au 2ème étage et notre 'appart' n'est accessible que de l'extérieur en passant par les toits. Il y a de l'espace pour les roof tops! Il y a 2 chambres, 1 cuisine (qu'on utilise pas puisqu'une cuisinière - Cécilia- nous prépare des supers repas en bas), 1 sdb et dans le couloir, le secrétariat de la APHIPAC depuis lequel je vous écrit et qui est souvent squatté par Marie Carmen, la secrétaire de l'asso.







La vue de notre chambre en deux parties:






















Le secrétariat (la porte au fond c'est la salle de bain, et notre chambre est juste à droite)






Pas très loin de chez nous, il y a un mirador (belvédère) d'où on peut admirer la vue sur Arequipa.






A proximité, il y aussi un très fameux colegio de informatica, le meilleur de tout le continent Américain! Berkeley peut aller se rhabiller...




On travaille:

- Soit le matin à partir de 8H (départ à 7H, lever 6H30!) jusqu'à entre midi et 13H,
- Soit l'après midi à partir de 13H ou 14H jusqu'à 17H/17H30 parfois .


Souvent, en semaine, il n'y a besoin que d'une personne le matin, et de deux l'après midi. Il faut savoir qu'içi, le soleil se couche dans ces heures là et qu'à 18H il fait quasiment nuit noire! Le samedi matin, c'est l'arnaque de la semaine car les 3 volontaires doivent venir aider (il y a beaucoup d'enfants, plusieurs cessions simultanées et ça enchaîne bien, pas le temps de jouer avec Beatriz!).


Romain et Juan, qui travaille pour la APHIPAC. Il s'occupe de plein de trucs (nettoyer les boxes, préparer le matériel et guider le cheval pendant les cessions, travailler les chevaux...). Il a 28 ans. Je n'ai pas menti qd j'ai dit que les péruviens n'étaient pas très souriants! Ms il est sympa et voudrait emmener Romain jouer au lcub de golf à côté, où son frère travaille. Il nous a aussi proposer des ballades à cheval dans les champs aux alentours.





Voilà à quoi ressemble notre espace de travail. Nous allons faire ensemble un petit effort d'imagination! Pour prendre cette photo, je me situe à droite des écuries. A ma gauche, il y a le rond de longe et + derrière moi, à gauche toujours, un espèce de champ. Carrément derrière ce champ, un peu + en hauteur, des enclos pour les chevaux où il y a notamment le petit poulain et sa mère. Entre les 2, un petit chemin pour aller se balader derrière dans ce qu'ils appellent le bois (un petit espace vert en fait). Ce qu'on voit sur la photo devant moi, c'est la carrière où on travaille avec les enfants le + souvent. Sous le parasol, c'est l'espace VIP où on peut acheter des boissons à la abuelita. Et à gauche de la carrière de travail, c'est la graaaande carrière d'obstacle où je m'entraîne à sauter 1m24 de hauteur... Encore + à gauche, une autre carrière, de dressage celle là. Pas intéressante, on n'y va jamais, Beatriz l'utilise pour s'entraîner à chasser les chats de son territoire.





- Les écuries



- Le champ et les enclos, avec au fond le Chachani






- Pour ceux qui ne l'ont pas vu, le fils de Marilyn. Bon, ça se voit pas, ms il lui ressemble bcp en vrai, surtt dans le comportement! "Un canaillou este poltro", se dice aqui! Poltro = poulain, le mot de vocabulaire du jour...





Au début de chaque cession, on aide l'enfant à nettoyer et préparer son cheval et à choisir une bombe (un casque d'équitation). Puis, il monte sur les escaliers, accompagnés ou non selon la gravité de son handicap. Et là, instant magique, il appelle son cheval "¡chocolate ven!" et le cheval arrive! On l'aide à monter puis on l'accompagne en restant à ses côtés, et parfois en participant aux activités. En fin de cession, l'enfant remercie son cheval et on l'aide à lui donner des carottes (ils sont un peu brusques ces chevaux et manquent parfois de peu de manger la main de l'enfant!)





Il y a différentes activités. Selon les enfants, on travaille:


- Les sens (yeux bandés pour les sensations, sentir un objet, le décrire, deviner ce que c'est...), Alejandra sur la photo




- L'équilibre (alterner les positions assis debout, rester debout sur ses étriers, faire la toupie - le tour de son cheval comme supra, trotter...),


- La direction (diriger son cheval sur un slalom, içi appelé zig zag),


- La logique (mettre des cartes qui racontent une histoire dans le bon ordre),


- L'agilité (jouer au basket sur le cheval, ou au chat et à la souris, l'enfant doit nous toucher avec une balle qu'il envoie),


- Les formes et les couleurs pour les + jeunes,

- La mémoire et l'attention (la thérapeute raconte une histoire avec un livre et des iamges, l'enfant doit de nouveau la raconter...).


Il y a de tout. Certains enfants ont juste un déficit attentionnel, d'autres des retards intellectuels, une forme d'otisme ou un handicap + physique (paralysie partielle ou totale, handicap "moteur", absence de tonicité dans les muscles...). Le cheval les aide à se concentrer sur autre chose et fait travailler tt le corps (ils doivent se tenir bien droit), les parents ne doivent pas participer (sauf parfois pour la première cession). Le fait que les volontaires changent souvent (tous les mois en moyenne) oblige les enfants à s'adapter à chaque fois à un contexte nouveau.


Je finis sur une petite note méteorologique histoire de mettre en tort ts ceux qui ont pu nous dire "ahah tu pars en hiver au Pérou, prévois la doudoune!". On a beau être en hiver, il fait chaud tte la journée (jusqu'à 25 degrès). Ce n'est qu'une fois la nuit tombée qu'il faut sortir son pull. L'air est très sec et poussiéreux, et il ne pleut jamais.


Kiss and sun!

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